Ce n'est pas du tout lié à mon deuil, du moins, c'est loin d'en être la raison principale.
Je l'avais oublié, mais en fait, j'avais déjà éprouvé ce même sentiment de mal-être il y a un peu plus de 4 ans, au printemps 2005, lorsque j'étais sur le point de passer mes concours ou que je venais de les terminer, je ne sais plus exactement... A cette époque je n'avais aucune certitude sur ce que serait ma vie 3 mois plus tard, peut-être en école en Province loin de ceux que j'aimais, éloignée de mon homme, de ma famille et de mes amis... Il m'était impossible de me raccocher à quoique ce soit de sûr pour mon avenir. Tout pouvait se produire. J'ai ressenti la peur de l'inconnu. Enfin, non, à vrai dire, ça m'a terrifiée. C'est d'ailleurs à l'issue de cette période que mon Chéri et moi avons parlé sérieusement mariage pour la première fois, nous avons réussi à nous décider sur l'année, un premier élément sur lequel me fixer, un point sur mon horizon si vague. C'est également à cette période que ma petite Maman et moi sommes parties en vacances toutes les 2 pendant quelques jours, pour que je puisse décompresser. C'était trop bien...
Et à nouveau, ma vie se retrouve aux portes de l'inconnu. Bien sûr, j'ai toujours mon homme, la bague au doigt; ma famille et mes amis. Mais je termine les cours en décembre, enfin si je réussi toutes les matières, et c'est alors que je vais devoir affronter les recruteurs pour trouver un emploi. Certes, mon diplôme pesera lourd dans la balance, en ma faveur, mais il va valoir que je fasse cette démarche de m'exposer au jugement d'étrangers, qui vont se faire un avis sur ma personne et mes qualités au travers de mon CV, d'une simple lettre et éventuellement d'un bref entretien. ..Tout celà ayant des répercussions directes, immédiates et plus que significatives sur ma situation à court, moyen et long terme...
J'ai peur de ne pas réussir à me vendre à ma juste valeur, de ne pas trouver dans l'activité qui me plait dès le moment où je serais disponible, de me retrouver avec des problèmes d'argent si je n'ai pas très vite un salaire (pour cause de prêt étudiant à rembourser tous les mois), peur de ne pas pouvoir avoir un chez nous rapidement, de ne pas pouvoir continuer à mettre des termes sur nos projets... Pour couronner le temps, même le présent, je ne le maîtrise pas: je me sens débordée par les cours, les corvées, les courses; je n'arrive plus à faire mon régime, c'est à peine si je limite les dégâts...
Et malheureusement, ma mère n'est plus là pour me réconforter, me remonter le moral, m'aider à réfléchir pour y voir plus clair et chercher des solutions. Et comme je n'ai pas beaucoup (pour ne pas dire presque pas) vu ma famille depuis plus de 3 mois pour certains, plus d'un an pour d'autres, je me sens délaissée et et dépourvue face à tout ça. Ma mère n'est plus là, mais vous tous, vous arrivez à compenser un peu ça. Se voir ou s'appeler, discuter des choses sérieuses, rire pour des conneries avec vous, ça me fait du bien et ça me fait avancer. Mais sans ce dialogue et cet échange, l'inconnu pèse encore plus, et me fait me sentir au plus mal depuis bien longtemps...
Alors, à vous tous, qui j'espère vous reconnaitrez, je vous aime et vous me manquez.. J'ai besoin de vous, de profiter des petits moments de bonheur que vous arrivez à créer...

