On peut très bien avoir une famille, grande, avec qui on a a priori des liens forts, une complicité , une grande tendresse; un avenir rose avec un chéri, une carrière en vue... bref, avoir tout pour soi, et puis un jour, tout (ou presque) part en couille.
On perd définitivement un être cher, irremplaçable, aimé de tous. Le coeur de la famille, le lien entre tous. Puis rien n'est plus jamais pareil. Au début les gens qui nous aiment sont là et souffrent avec nous. Peut-être un peu moins, parce qu'ils ne vivent pas son absence au quotidien. Peut-être un peu plus parce qu'il s'y ajoute un sentiment de culpabilité de ne pas avoir été encore plus présent.
Mais voilà, après un certain temps, les liens entre ceux qui restent se détendent , s'estompent, s'effacent... Alors que la douleur sourde est toujours là, qui gronde au fond de notre coeur... Et ç'est la que tout le chagrin et les idées noires reprennent toute leur force et nous reviennent, nous attaquent de plein fouet.
Puis les doutes sur l'avenir, plus aussi radieux. Et là, on se sent seul. On ne l'est pas vraiment, enfin pour ma part, mais c'est tout comme. Plus de soutien, plus de contact même. C'est certain qu'on ne peut reprocher celà à personne, chacun a repris le cours de sa vie, plus ou moins heureuse, mais ça ne change rien. On a le sentiment que tout s'écroule, pas seulement les liens.
On souffre, et en silence, parce que personne ne veut plus en entendre parler, de cette fichue souffrance.
Que faire, quelles solutions nous reste-t-il? Accepter cette solitude forcée et continuer à broyer du noir? Faire semblant que tout va bien pour ne pas effrayer et faire fuire les autres? Attendre indéfiniment que ça passe et que les liens se resserrent? Appeler au secours?...
Moi je ne sais plus. J'ai essayé de renouer le contact. Sans succès. J'ai attendu. C'était encore pire. J'ai pris sur moi pour aller vers les autres. Sans effet durable. Pourtant cette famille que je chéris tant trouve le temps et les moyen de rester liée. Mais pas avec moi.
Par moment, je voudrais pouvoir me détacher, ne plus espérer et ne plus croire. Pour ne plus souffrir d'attendre un signe, un geste, un coup de fil, ou même, tenez, un email... Mais je ne suis qu'humaine, et il faut croire que c'est notre fardeau, aimer, espérer, croire et souffrir.
J'envie parfois les gens qui ont des croyances religieuses, parce que ma foi en ma famille, qui était autrefois un si grand réconfort, ne m'apporte plus autant que la leur en leur divinités...
